Projet de partage de l'eau en Clunisois
Présentation
Le projet “Partage de l'eau en Clunisois” est une recherche-action menée par la Communauté de Communes du Clunisois, avec le soutien de chercheurs et de professionnels. Il vise à répondre à une crise hydrique systémique qui affecte ce territoire rural de Bourgogne du Sud depuis cinq années consécutives.
Développements
🎯 Contexte et enjeux
Le Clunisois, structuré autour de la rivière Grosne, fait face à des sécheresses estivales répétées entraînant des restrictions d'eau. Cela fragilise l'économie locale, en particulier l'agriculture et l'élevage. Deux vulnérabilités principales sont identifiées :
Une dépendance extérieure pour son approvisionnement en eau.
L'impact du changement climatique, avec des pénuries qui deviennent structurelles.
Le projet part du constat que les formidables infrastructures hydrauliques historiques héritées de l'abbaye de Cluny sont aujourd'hui largement délaissées depuis la généralisation de l'adduction d'eau dans les années 1960.
🚀 Objectifs principaux
La mission a pour but de construire, avec tous les acteurs du territoire, des propositions pour :
Assurer un accès et un partage équitable de la ressource en eau pour tous les usagers (habitants, agriculteurs, éleveurs).
Anticiper solidairement les crises hydriques futures et substituer la coopération aux conflits d'usage.
Préparer le transfert de la compétence “Eau” des communes vers la Communauté de Communes, prévu pour 2026.
Jeter les bases d'un Plan Territorial de Gestion de l'Eau (PTGE) à long terme, en s'appuyant sur une analyse fine des dynamiques du territoire.
⚙️ Méthodologie
Le projet s'appuie sur deux piliers méthodologiques complémentaires :
Un processus collectif de dialogue : Il capitalise sur la forte culture de travail collectif du Clunisois en associant étroitement chercheurs, élus et grand public via des enquêtes participatives.
L'analyse métabolique du territoire : Portée par la Chaire Architectures de l'Eau de l'ENSA Paris Malaquais, cette analyse vise à quantifier et comprendre tous les flux (eau, matières, énergie) qui entrent et sortent du territoire pour réinventer le rôle structurant de l'eau dans l'aménagement.
👥 Acteurs impliqués
Le projet fédère une équipe pluridisciplinaire :
Chercheurs : Spécialistes en architecture, hydrologie, sociologie, géographie et sciences de l'environnement (ENSAPM, Université Grenoble Alpes, CNRS, etc.).
Professionnels : Représentants de l'Agence de l'Eau, du syndicat des eaux, du CAUE, et bureaux d'études spécialisés.
Élus et techniciens locaux : De la Communauté de Communes, des maires des communes et des présidents de syndicats (
EPAGE)
Les acteurs du projet ne voient pas seulement des ressources physiques, mais surtout des atouts de gouvernance et de capital social. La combinaison est puissante :
Un patrimoine à réactiver : Les anciens aménagements hydrauliques offrent une solution “déjà là” pour capter, stocker et redistribuer l'eau localement.
Une communauté prête à agir : L'existence d'une culture de la coopération et le transfert de compétence créent une fenêtre d'action unique pour mettre en œuvre une politique ambitieuse.
Une expertise pour guider : La mobilisation de savoirs variés garantit que les solutions seront à la fois techniquement solides, socialement acceptées et adaptées au territoire.
L'enjeu central du projet est donc de faire converger ces atouts – historiques, sociaux et techniques – pour construire un nouveau modèle de gestion, où la solidarité et la résilience remplacent la dépendance et les conflits d'usage.